Outre-Mer : 63% des Ultramarins sont favorables aux réparations par rapport à l’esclavage

À la demande du CRAN, Les Ultramarins ont été questionnés par l’agence Ifop sur les réparations de l’esclavage. Voici quelques chiffres tirés de cette étude.

Esclavage

En ce jour de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de ses abolitions, un bref retour historique est nécessaire.

Une grande majorité des Ultramarins sont descendants des Africains déportés et mis en esclavage. Une histoire longue et douloureuse.

On pourra noter que partout des mouvements de Résistance se sont organisés pour s’opposer à ce crime contre l’humanité. Ces résistants sont appelés des Marrons et leur résistance, le marronnage. Voici quelques exemples.

En Guadeloupe. On l’a longtemps appelée la mulâtresse Solitude mais on la nomme aujourd’hui Solitude car mulâtresse est considéré comme péjoratif. Elle est née d’une mère Noire mise en esclavage et d’un père Blanc. Elle sera séparée de sa mère à cause de son teint clair et travaillera en tant que domestique dans les maisons. Elle rejoindra la communauté marronne de Guadeloupe et répondra à l’appel de Delgrès pour faire face aux troupes de Napoléon qui voulait rétablir l’esclavage. Elle sera arrêtée, enceinte. Les troupes napoléoniennes la pendront le lendemain de son accouchement et son enfant sera vendu en tant qu’esclave.

Statue de Solitude en Guadeloupe

Réunion. De nombreuses femmes ont participé au marronnage à la Réunion. Héva, Raharianne, Marianne, Sarlave, Simangalove. Ces femmes ont joué un rôle essentiel dans le marronnage, en participant à la vie sur les camps, dans la transmission des traditions, des savoirs, des croyances, des rites et pratiques culturelles et religieuses. Heva était la compagne de Anchaing, le père mythique de tous les Marrons réunionnais. À eux 2, ils forment le couple Marron légendaire gravé dans la mémoire des Réunionnais.

Martinique. De 1822 à 1826, il y aura ce que l’on nomme une vague d’empoisonnements. En effet, de nombreux esclaves empoisonnent leurs maîtres créant ainsi une psychose chez les maîtres.

Résultats de l’étude Ifop

Alors que les descendants des maîtres esclavagistes ont été indemnisés lors de l’abolition de l’esclavage, les descendants des Africains, eux, n’ont jamais reçu la moindre réparation.

Les Ultramarins aujourd’hui sont-ils favorables à des réparations?

Dans l’étude de l’Ifop, on voit que la majorité des Ultramarins sont pour une réparation par rapport à l’esclavage. 63% d’entre eux se disent favorables. À la Réunion, c’est même 68% des Réunionnais qui souhaitent des réparations. C’est le plus haut pourcentage.

Chez les jeunes Ultramarins de 18 à 24 ans, le chiffre atteint même 70% de favorables. Par contre, chez les plus de 65 ans, le score est très bas, seuls 50% se disent favorables à des réparations.

Cliquez pour lire l’article sur « la liste des déportés du Bénin » VJV

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